Ironman Tempe en Arizona

Dimanche 18 novembre 2018

 

4h45 heure locale (13h heure Française), je me réveille.

Cela fait un an que je suis inscrite à cette course qui sonnera le départ dans quelques heures. Un an que j’y pense tous les jours. Un an que mon quotidien et ma saison tourne autour de cet objectif. J’y accorde une très grande importance car mon objectif est de progresser sur cette distance. Toute ma saison s’articule autour de cela ce qui crée une petite pointe de stress que je ressens depuis quelques jours.

Je déjeune avec bon appétit malgrè mon petit stress. J’appelle un Uber et nous partons (avec Baptiste mon copain) sur le lieu de la course à Tempe Beach Park.

 

6h00 je retrouve mon sac bleu qui sera le premier sac de transition. Je place mon ravito dans les poches de mon haut de tenue. Les sacs sont posés au sol et non suspendus comme à leur habitude sur le circuit Ironman. Je me demande si je vais réussir à bien le trouver. Certains ont collé des guirlandes dessus ou de l’adhésif d’une autre couleur pour mieux les identifier, c’est super malin je trouve.

Je retrouve mon vélo, remplis mon bidon sur les prolongateurs et place le reste de mon ravito dessus. Je gonfle mes pneus et vérifie si je suis sur le bon braquet. Et pars me faire marquer. Il ne fait pas très chaud et il fait encore nuit. Je dois me défaire de toutes mes couches de vêtements pour faire marquer mon numéro sur les avants-bras et mon âge sur le mollet gauche, ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas.

 

Je me dirige vers le départ natation. Le soleil ne s’est pas encore levé et ça caille. J’ai du mal à me préparer et me dire que je vais nager dans cette eau annoncée à 15°. Je me fais appliquer de la crème chauffante par mon copain sur les genoux pour protéger mes articulations pour la suite et le long de la colonne vertébrale pour garder mon corps au chaud. Je vois pas mal de monde avec des bonnets néoprène, je regrette de ne pas avoir emmené le mien. Je me questionne à savoir si je pars avec un bonnet ou deux superposés. J’ai peur que cela me sert trop la tête ou sans, d’avoir trop froid.

 

6h40 le départ des pros sonne. Je me faufile dans la file d’attente. Nous sommes tellement nombreux, nous sommes serrés comme des sardines attendant d’être livrés à notre propre sort. J’ai les pieds qui sont gelés. Je ne regrette pas d’avoir mis les deux bonnets du coup, histoire d’avoir le moins froid possible.

 

6h45 le départ des groupes d’âge partent avec 5 minutes d’avance. Nous discutons en attendant que la longue file s’égraine. Beaucoup font leur premier Ironman aujourd’hui. La grande majorité est américaine. C’est très culturel chez eux de se mettre des gros défis.

 

Natation :

 

Je saute à l’eau à 7h15.  Ouha l’eau est froide. J’essaie de me convaincre du contraire me disant que ça réchauffe mes pieds par rapport à toute à l’heure.  Nous nageons dans une retenue d’eau. Oui, il faut dire qu’il est difficile de trouver un point d’eau en plein milieu du désert. Cette eau est bien verte mais n’a pas trop le gout de vase, ça passe.

C’est parti pour 3800m de natation en une seule grande et longue boucle.  Je compte les ponts de cette grande ligne droite avant le demi tour. Ça bouscule pas mal. Ça tape. Et ça zigzague. Le temps est long. J’avais regardé les temps en natation sur les éditions précédentes et ce n’était pas folichon. Est ce qu’il y a du courant qui nous ralentit tous ? Je ne sais pas mais c’est long. Le demi tour est fait et je me rapproche péniblement vers la sortie.

 

Transition 1 :

 

Après 1h30 de natation dans cette eau à 15°, je pose enfin le pied sur la terre ferme. Je commence à enlever ma combinaison et trottine. Le sol est froid en plus mes pieds sont congelés. J’ai l’impression qu’ils sont en verre et qu’ils vont se briser à tout moment. Je me fais la réflexion que beaucoup de monde marche et qu’ils n’enlèvent pas leur combinaison. J’ai ma réponse en voyant la lignée de bénévoles qui otent les combinaisons. On me demande de m’avancer. Un homme et une femme me disent de me coucher par terre. En un quart de seconde, ils ont chopé le bas de ma combi me mettant les jambes en l’air pour me déculotter. Je rie très fort. La scène est incroyable. Aussitôt fait, ils me relèvent me donnent ma combi et me pousse vers la sortie. Je cours chercher mon sac bleu. Les bénévoles sont nombreux et avec mon numéro de dossard sur les bras, j’entends crier mon numéro à plusieurs reprise et quelqu’un me jette mon sac. Je file près de la tente filles. Une bénévole me propose de l’aide, je refuse. Mais en fait je la rappelle pour qu’elle range ma combinaison, lunettes de natation et bonnets dans ce sac bleu et elle part avec.

Je cours chercher mon vélo. Et pareil un bénévole crie le 975 avec un mégaphone. Une bénévole attrape mon vélo et me le donne directement dans l’allée centrale.

Je me dirige vers la sortie riant me disant qu’ils sont fous ces Américains. Je vois Baptiste juste sur la ligne du départ vélo, ça fait du bien.

 

Vélo :

 

Et me voilà partie pour 180km de vélo décomposés de 3 boucles de 60km chacune.

Le parcours est assez roulant. Il est en faux plat montant jusqu’au demi tour et rebelote. Les routes sont larges et heureusement car nous sommes nombreux. Il faut dire que nous étions plus de 3500 participants au départ. Je n’ai jamais vu cela sur une épreuve. Surtout que le jour de l’ouverture des inscriptions, il y a un an jour pour jour,  toutes les places étaient parties en 3H.

Je suis les conseils de Jean-Lou, mon entraineur de vélo, je prends mon temps sur les 15 premières minutes pour bien manger et me mettre progressivement dans l’effort.

Ils annonçaient 8km/h de vent et ben non, il y a plus ! Nous l’avons de face dans la première montée. J’essaie de bien me concentrer sur mes watts histoire de rester dans la fourchette de puissance que Jean-Lou m’a recommandé. Je trouve un gars qui roule a peu près dans mon allure et reste un peu dans sa roue. Oui c’est bon je vous entends d’ici : c’est interdit de drafter ! D’accord, j’ai un peu triché. Entre nous, les arbitres roulent en Harley Davidson qu’on entend arriver à des km, de quoi sauver sa peau à temps. Je dis ça, je dis rien. Mais qui n’a jamais essayé ? Bref, mes watts sont un poil plus faible quand je reste derrière et quand j’essaie de le doubler ils explosent comme nous avons le vent de face. Je mise sur rester derrière un moment histoire de me réserver un peu pour la suite.  Vers la fin de la partie montante, il y a des gros cactus. Avec cette roche rouge derrière le décor western est magique. Je repense à la sortie vélo que j’ai faite le dimanche d’avant avec Baptiste où nous avions fait plein de photos par ici. Nous sommes arrivés 10 jours avant histoire de se mettre dans le bain avec le décalage horaire et le climat. Il y a 7h de décalage, j’ai bien réussi à m’y faire. Pour le climat, je m’attendais à des températures plus hautes. Les nuits sont assez fraiches et les journées agréables. C’est une température idéale pour faire une course. 

Les pourcentages se corsent un peu plus mais rien de folichon et c’est là que je vois les bénéfices de cette saison sur les cyclos de montagnes, je double mon acolyte et de nombreuses personnes, je me sens super bien.

Les demi tours autour du cône sont serrés, Avec le vélo de chrono je ne suis pas très à l’aise, j’ai l’impression de manœuvrer un paquebot.

J’attaque la descente, je pousse sur mes pédales pour maintenir les 150 watts, ça roule vite surtout avec le vent dans le dos. Le retour sur Tempe se fait rapidement. Je vois Baptiste à l’endroit où nous nous étions donnés rdv, ça me réchauffe le cœur. Je lui fais signe que tout va bien et je repars sur ma deuxième boucle.

 

Deuxième boucle :

 

Je repars sur ses longues lignes droites qui me sortent de la ville pour m’emmener dans le désert. Le vent a tourné, il est de dos dans la montée. Je ressens un point de côté sur la droite, je respire pour le faire passer. Je me concentre sur ma puissance pour ne pas focaliser sur cette douleur qui s’amplifie. Je tente les étirements avec les respirations. J’invoque tout ce que je peux invoquer qui pourrait me soulager. Je rêve de la descente pour me relâcher un peu mais rien n’y fait. Je me raccroche à bientôt retrouver mon copain pour lui dire que ça ne va pas. Mes lunettes sont pleines de poussière ou de buée, j’y vois plus grand chose de toute façon, je vais alors m’arrêter.

Je retrouve Baptiste près du stade de Tempe comme convenu. Je m’arrête auprès de lui, descends de mon vélo et m’assoie par terre. Je ressens des spasmes aux intestins.  Je tends mes lunettes à Baptiste lui disant qu’elles sont sales si il peut me les nettoyer. Et là, je ne lui dis rien car je suis sonnée car ce sont mes yeux qui n’y voient plus rien. Je m’assois sur le trottoir au bord de la route et pleure.

 

On décide d’appeler Fred, mon entraineur de triathlon. Je lui explique mon cas. On parle de mon transit pas terrible accentué par le voyage et la charge en féculents quelques jours avant l’épreuve. Il m’explique que la position aéro sur le vélo comprime les intestins. Je lui dis que ça va c’est passé mais c’est ma vue qui m’inquiète. Il me conseille de prendre mon temps d’aller voir un médecin et de bien manger et boire pour mettre à profit cette pause. 30min de plus ce n’est pas grave dans le fond.

Je pars donc au demi-tour près du parc à vélo. Je demande à un responsable du parcours vélo où je peux trouver un médecin, il me dit en dehors du parcours. Je prends conscience que c’est l’abandon direct. Après une longue négociation, il accepte de me faire venir un médecin.  Mes constantes sont prises ainsi que ma glycémie, tout est bon. Ce qui est rassurant. Mais ma vue ne s’améliore pas. Je vois comme ci j’avais de la buée et flou. L’organisateur ne veut pas me laisser repartir si il n’y a pas d’amélioration. Il a eu 3 chutes sur le parcours et ne veut pas plus d’accident. Je me résigne à abandonner. C’est très dur pour le moral mais je ne vois pas de solution. Se dire que ma saison a tourné autour de cette épreuve pour en arriver là, c’est dur. Je tourne sur le circuit Ironman pour progresser sur cette distance, c’est mon seul objectif. J’en fais un par an. Difficile pour le corps d’en supporter plusieurs. La prépa et la récupération sont longues.  Je savais qu’avec ma saison de cyclo, j’allais faire un bon vélo. J’en avais très envie. Avec mes progrès en course à pied, j’avais hâte de voir les résultats de tant d’acharnement. Je me résigne, c’est comme ça. C’est la loi du sport, on ne peut pas tout maitriser.

J’appelle ma maman pour lui dire. Je pleure c’est tout de même dur à digérer. Ma fille Jade décroche le téléphone. Je lui dis que je suis obligée d’abandonner. Elle ne me répond pas. Je l’entends dire à ma maman en pleure : « Maman est obligé d’abandonner sa course. » Je ressens tellement de tristesse dans sa petite voix que ça m’en pince le cœur.

Je parle avec ma mère qui me dit de focaliser sur le positif que je peux reprendre le dessus sur mon corps. Je raccroche et je m’exécute.

Je demande des gouttes pour les yeux aux secouristes. Ils m’expliquent qu’avec l’air très sec du climat, le vent, le sable du désert… Mes yeux se sont desséchés.

Je regarde au loin cette ligne d’arrivée, je ne me voyais plus la passer, il faut que je change ma vision. Je regarde les concurrents faire leur demi-tour en vélo, je me dis que je peux refaire une boucle que ce n’est rien. Je repense à la voix de ma fille qui tourne en boucle dans ma tête. Je ne peux pas lui faire ça. Je me lève et dis aux secouristes que ça va mieux, les gouttes commencent à faire effet. Ils me donnent le reste du produit, me font signer tout un tas de documents me disant que j’engage seule ma responsabilité.

 

Troisième boucle :

 

Après 1h15 d’arrêt, je monte sur mon vélo, me mets en danseuse et attaque cette dernière boucle. Les spectateurs autour m’applaudissent. J’en avais oublié qu’il y avait du monde autour tellement j’étais centré dans mon petit monde.

Je redouble de vigilance concernant les trous sur la route ou les dépassements des concurrents.  Le vent est plus fort ce qui n’arrange rien l’effort. Je ne suis plus dans mon groupe de niveau, je n’arrive pas à m’accrocher à un concurrent. Je double et redouble mais ce ne sera bien sûr plus possible de rattraper mon retard.

 

Transition 2 :

 

J’arrive sur la ligne de transition. Je descends du vélo et un bénévole me libère de celui-ci. Je pars chercher mon sac rouge, enfile mes baskets et troque mon casque contre ma visière.

Je me dirige vers la ligne du début de cette course à pied, m’étire un peu tout en prenant conscience que j’ai 42,192km à courir. C’est énorme si j’y pense. « Allez ce sont deux boucles » me dis-je.

 

Le marathon :

 

Je retrouve Baptiste. Je vais vers lui et le serre fort dans mes bras. Je lui dis que si je suis repartie c’est grace à Jade que je ne pouvais pas lui faire ça. Il me dit tout ému qu’il ne me reste que la course à pied pour finir cette épreuve et qu’il est fier de moi. Je sais que c’est mieux que rien d’être Finisher mais ce n’est pas ce que je voulais.

Je cours. J’avais compté les ravitos sur le plan. Il y en a 25. Je vais les décompter au fur et à mesure pour faire passer ce marathon.  Je maintiens une vitesse de course un peu au dessus de ce que m’avais annoncé Fred. Le premier ravito est là. Il est bien fourni et je me retrouve à gloutonner les bretzels, ça fait du bien de manger des aliments salés.

Je repars à la conquête de mon ravito numéro 2. Et pareil, bonne allure de course et banquet au ravito. Au stade où j’en suis, je m’en fou. Je n’ai plus de comptes à rendre à qui que ce soit ni à moi-même.

Je repense souvent à cette gentille femme médecin qui me dit que c’est juste pour le fun ce type d’épreuve. Je remets tout en question. Cette pression de résultat que je m’inflige. Ces attaques ou jugements que j’ai de plus en mal à gérer. Et oui que l’on soit bien clair, il est courant que l’on me dise : « mais c’est parce que t’as pas ci ou tu n’as pas fait ça » ou « Tu les paies tes dossards ? » ou « Tu bosses des fois? ». Je me dis que t’es tellement épié ou fliqué que j’en viens à être obligée de me justifier sur ma vie et mon quotidien. Je crois que le plus insensé que j’ai entendu et quand on m’a demandé si je bossais car j’avais posté une photo de moi en vélo sur une course. Comment dire : j’achète les crédits photos sur mes course soit un stock de 60 photos que je trie et poste au compte goutte. Et non, je ne les poste pas toute en même temps.

Je vais vous dire un secret. Si on calcule que j’ai fait 22 courses dans l’année soit 30 jours de courses (avec les Hautes Route) ben il y a des photos qui ont été postées quand j’étais au boulot ou dans les embouteillages en y allant (oui j’ai une heure de trajet et bouchon pour aller au boulot.) Mais chut il ne faut pas le dire, ca reste entre nous. Hein ? 

 

Donc je cours toujours de ravito en ravito sans grande motivation. Je cherche le plaisir à l’intérieur de moi. Je suis déçue d’être dans cette lutte d’ailleurs.  Je ne me rappelle plus  la joie du jour où j’ai couru 5km d’affiler. Pourtant, on ne court pas 5km comme ça du jour au lendemain non ? Je ne me rappelle plus le jour où j’ai fait mon premier triathlon. C’est triste de se dire cela. J’ai l’impression d’être au stade du toujours plus. Mais pour satisfaire quoi ? J’ai le temps vous me direz de me poser autant de questions.

 

Et je cours toujours de ravito en ravito. Profitant de mon banquet à chaque arrêt. Je croise Baptiste. On discute un peu ensemble.

Je repars.

Je termine mon premier semi et dis à Baptiste de rester un peu avec moi. La nuit est tombée. Les lumières au bord de l’eau rendent le parcours plus joli. Nous marchons et courons de temps en temps. Nous avons passé du temps à discuter et refaire le monde.

Je me rappelle les mots de certains me disant de bien prendre du plaisir sur mon épreuve et aujourd’hui il est là mon plaisir, c’est de marcher main dans la main sur cette course avec mon copain. Je lui dis : « Qu’est que t’en pense de cette ballade au clair de lune ? » et on rigole. 

Je lui ai même proposé de se cacher dans un buisson à attendre la barrière horaire qui est d’ailleurs de 17h en Amérique au lieu de 16h pour l’Europe. Pourquoi ? Je ne sais pas.  Comme on le sait le dernier qui passe la ligne d’arrivée à droit au feu d’artifice final. Mais non, il n’est pas d’accord. Il trouve que l’épreuve est déjà assez longue.

Dommage ! Mais je le ferai un jour pour rigoler.

Nous marchons toujours nous remémorons ces belles vacances en Amérique. Notre Séjour à Sedona cette ville magique des Chamans, les roches rouges western, les randonnées dans les vortex…

Il fait froid. Je mets ma veste qu’il gardait avec lui dans le sac à dos. Ça fait du bien d’être au chaud.

On regarde dans la nuit et il me dit que c’est bon au prochain pont nous sommes sur le retour. Je n’ose pas lui dire que c’est le pont d’après qui nous y emmènera. Je le sens se décomposer alors je parle et refais le monde pour que ce pont nous arrive plus vite.

Une fois sur le pont, il reste 3km avant la ligne d’arrivée. On se remet à courir même si mes jambes ne veulent plus. La tête ayant bien lâché avant, le corps ne suit plus beaucoup.

Nous arrivons près de la ligne d’arrivée. J’enlève ma veste et me voilà me diriger sur le fameux et habituel tapis noir aux logos rouges Ironman.

Je suis remplie d’un sentiment horrible de mauvaise élève. Ma prestation a été minable je trouve.

Je prends mon temps pour taper dans la main des spectateurs.

Et le présentateur comme à son habitude me dit : « You’re an Ironman !!! »

 

Je sais que je suis allée au bout de cette épreuve mais la déception est immense.

Une bénévole me prend en charge et me place une couverture de survie dessus. Me retire ma puce et me place une médaille autour du coup.

Je suis appelée au loin par quelqu’un. Je me retourne et vois cette femme médecin qui me félicite d’avoir été au bout. Je suis touchée.

 

Lundi 26 novembre 23h

 

A l’heure où j’écris ces lignes, je suis rentrée des Etats Unis. J’ai retrouvé mes filles, mon travail et mon train-train quotidien. Même si le décalage horaire laisse encore quelques traces. Mon corps n’a pas l’impression d’avoir couru un Ironman. Je suis fraiche. Vous me direz, normal, je n’ai pas trop forcé.

La déception a diminué. Elle s’est transformée en grosse remise en question et en apprentissage. Comme je dis toujours : j’apprends énormément sur moi lors de mes courses. C’est comme une quête spirituelle. Encore une fois, je suis allée au plus profond de moi même et j’en ressors grandie.

Je suis plus sereine à l’idée de ma saison prochaine. Je relativise énormément. Même si j’aurais encore des attentes sur une course, j’irais pour prendre des risques.  Parce qu’au moins j’aurais essayé.

Car en fait, tout perdre, ce n’est pas si grave que ça.

J’ai quand même fini un ironman en 14h23 avec 1h15 d’arrêt et un marathon massacré.

Que demander de plus ?

Le plus important à mes yeux aujourd’hui est d’être comblée par mon entourage et qu’aux yeux de ma fille je sois forte.

Et je sais que je le suis grâce à elle.

 

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