Mediofondo Saint-tropez Gassin

J’ai pour habitude de vous écrire de belles histoires mais celle-ci est un peu moins rose flashi que d’habitude.

Elle est plus rose tristounet. Mais elle fait partie de la vie.

 

Qui n’a pas vécu un chagrin d’amour dans sa vie ? Celui qui vous hante et vous torture de l’intérieur.

Ce qui a été le plus douloureux c'est d’être dans l’attente pendant 3 semaines de savoir s’il allait revenir. Un break ! Mais quelle idée ?!?  Cette salle d’attente infernale où la décision de l’orientation de ta vie ne dépend pas de toi. Une torture à vivre. Tu rajoutes l’euthanasie de ton chat, la perte d’un ami d’enfance et les tréfonds de la tristesse arrivent à leur maximum.

En prépa mentale, on symbolise notre tête avec plein de petits bonhommes nous appartenant. Ceux sont des multi-facettes de notre personnalité. Il y a la Catherine qui aime son travail, Catherine fille de sa maman, Catherine fille de son papa, Catherine maman, Catherine qui aime faire du sport, la petite Catherine, Catherine marmotte (je l’aime bien celle-là) et des milliers d’autres.  Quand on sent des résistances intérieures, on va questionner ces parties de nous et voir laquelle résiste. J’avoue que pour certains entrainements la Catherine marmotte prend parfois le dessus. Aller à la rencontre de ces parties inconscientes qui nous ont blessées est un travail difficile et douloureux parfois. La fuite est une solution de facilité pour ne pas aller affronter la douleur mais au fond, les schémas se répètent et s’amplifient toujours. Quand tu le sais, tu vas vite au cœur des choses et tu bosses dessus pour ne pas somatiser.

Dans le cas de la situation que j’ai vécu ces dernières semaines, j’ai rencontré plein de blessures : Abandon, rejet, enfant intérieur blessé, fausses croyances et tellement d’autres.

Je me balance pendant 3 semaines entre espoir (il paraît que cela fait vivre) et désespoir (mais ça ronge). Parfois avec un jour bien et un jour pas bien. Parfois une heure sereine et une angoissante. Parfois une seconde très bien et une seconde en enfer. Des vagues émotionnelles très difficiles à gérer mais toujours à l’écoute de ce qui se passe en moi et faire au mieux pour me sentir en paix.

L’ardoise a été bien lourde. Mais au fond après avoir épluché les couches de l’oignon, la seule chose qu’il en reste est l’amour que j’ai pour ce gars. Toujours dans l’attente, j’ai confiance en la vie. Je sais que je n’ai pas vécu tout cela pour rien. Que je n’ai pas fait pas ce travail sur moi pour rien. Que quoiqu’il arrive la vie est toujours bien faite et  j’avance.  J’ai pris conscience que mon amour est beau et grand.

Le lundi de Pâques, le couperet tombe, il ne reviendra pas.

Je reste sereine. Je sais qu’aimer c’est savoir laisser partir l’autre même si mon cœur a mal. Et oui, désolée de vous annoncer mais cette peine-là ne se bosse pas. L’amour ne s’oublie pas comme ça. Je bosse le fait d'accepter la situation pour ne pas rentrer en lutte intérieure. Par moment la tristesse vient et je l’accepte. Je ne la refoule pas pour ne pas me mentir. Je peux vous dire que ma tristesse est grande et juste à la hauteur de l’amour que j’ai pu donner. Je pense seulement aux choses qui me rendent vivante pour me  rapprocher de moi-même: mes défis, mes entrainements, l’amour de mes filles et de mes proches. Je ne me suis jamais autant sentie soutenue qu’aujourd’hui.

Je ne suis pas allée à la Corima Drôme Provençale qui se déroulait durant ces fameuses 3 semaines. Mais Saint Tropez Gassin me tient à cœur et cette fois je vais penser à moi. J’appelle donc Jean-Lou Paiani savoir s’il lui reste une place. Par chance, une seule !

 

Et nous voilà donc le 8 avril 8h00 à Saint Tropez. Nous sommes à la bourre ! Nous n’avons pas rejoint  la case de départ que les coureurs de la Grandfondo partent déjà.

Nous sommes tous (Jean-Lou et ses clients) inscrits sur la Médiofonfo 113,6km avec 1750 de dénivelé positif. La météo est en vigilance orange. Il y a des rafales de vent à plus de 70km/ h. ça va être plus que sportif.

Nous avons rejoint le départ. J’ai tellement envie d’y aller ! Rouler et voler avec mon vélo. Je suis impatiente que le départ soit donné.

 

8h15 le départ est donné. Ça part fort comme d’habitude sur le début des cyclos. Il faut être hyper vigilant car ça double de tous les côtés. Je reste concentrée et j’ai peur de perdre de vu Jean-Lou.

Nous quittons St Trop pour rejoindre Ramatuelle. Une petite douleur dans le mollet gauche me fait douter de mes jambes sur cette durée d’effort. Surtout, ne pas y penser ça va passer.

Km 32, la route du Rayol. J’adore cette route. Tu montes 2 km et tu te retrouves à flanc de mer en hauteur. On est passé souvent par là avec ma copine Muriel.

Km 39, ça y est les choses sérieuses commencent avec la montée du col de Canadel. Je me sens bien, les jambes répondent bien. La vue de ce col est magique. Cette végétation provençale avec la mer en fond de tableau, la bosse passe comme une lettre à la poste. Je me sens tellement bien. Je jette un œil de temps en temps à mon compteur et m’aperçois que je suis trop haute en intensité par rapport à ce que je produis d’habitude, mais je suis bien alors je déconnecte de mes watts et préfère gérer à la sensation.

Aude, la copine de Jean-Lou nous attend en haut pour récupérer nos affaires. Je lâche les manchettes et le coupe-vent que j’ai dans la poche. Je m’allège. De plus, il fait un peu chaud malgré le vent. Je rempli mon bidon et repars.

Après le col du Barral, place à la route des Crêtes. La vue de cette route est magique. Mais la qualité du bitume est pourrie. Etant de plus sur une crête, les rafales sont difficiles à gérer. J’ai manqué un moment de frotter la falaise. Comme me dit Jean-Lou : reste bien au milieu de la route ! Les rafales me font peur par moment et je vois que nous roulons vite. Elles te surprennent soudainement. Je ne sais plus à quel moment boire pour ne pas lâcher mon guidon.

Nous arrivons à la fin de la route des Crêtes, nous sommes au-dessus de Bormes les mimosas. Tous ces souvenirs qui se réveillent, même si mon cœur à mal, ces souvenirs restent beaux.  Je suis venue plusieurs fois en stage dans le sud les hivers pour faire du vélo. Les souvenirs que j’en ai sont aussi beaux que douloureux pour le coup. Je n’avais pas anticipé cela avant de m’inscrire à cette course mais bon comme dit Aude des souvenirs en vélo, j’en aurais de partout. Je regarde la selle de Jean-Lou et me focalise dessus. Vole et vis me dis-je !

Après le passage du col de Gratteloup, nous rejoignons le col de Babaou.  Les jambes commencent à se faire sentir, je tiens, j’ai décidé qu’elles allaient brûler aujourd’hui.

La descente du col a été hyper dangereuse avec les rafales et les voitures arrivant de face. Je gardais Jean-lou en point de mire et débranchais le cerveau.

Arrivée à Collobrières, nous entrons dans la zone neutralisée car le village étant en travaux, les organisateurs ont préféré stopper le chrono dans cette portion. Par chance, le ravito est là. Au vu des intensités que j’avais fourni, j’avais bien pensé à m’alimenter mais là j’avoue que la tartine de fromage passe super bien.

On reprend la route direction Le col de Boulin et le col de Taillude. Je me concentre à me positionner derrière Jean-lou par rapport au vent. Ce dernier n’étant pas régulier cela demande un gros effort.

Nous rejoignons le joli petit village de Grimaud. Je sens que même si j’ai fourni un bel effort sur cette épreuve, il m’en reste un peu sous le pied. Je demande à Jean-Lou si nous arrivons en haut de la bosse et du coup, ça me permet d’appuyer un peu plus sur les pédales et d’en donner encore plus. Je regarde mon compteur et m’aperçois que nous avons bien roulé.

Plus qu’une dizaine de kms. Je me sens légère. Je n’ai pas vu cette épreuve passer. J’ai envie de pleurer. Je ne sais pas comment remercier Jean-lou, tellement je suis reconnaissante qu’il soit resté avec moi aujourd’hui. Sentir sa force tranquille m’a portée et focalisée sur ce que j’avais à donner sur cette course.

Il me laisse au carrefour qui mène à Gassin pour aller rechercher Adam qui ne doit pas être trop loin derrière nous.

J’attaque les 2km de montée qui m’emmènent à la ligne d’arrivée. Je donne tout. La ligne d’arrivée est dans une côte de 16% et je me demande toujours si je vais réussir à déclipser ma pédale pour ne pas tomber dans cette arrivée hyper raide.

Je passe la ligne d’arrivée en 4h29 avec une vitesse moyenne de 25,33km/h

Mes jambes tremblent de douleurs. Je suis hyper contente de mon épreuve.

Je termine 10ème femme au scratch général et 7ème de ma catégorie !

Comme je l’ai déjà dit : J’ai roulé comme une reine !

 

Le sport m’est salvateur. Il me rend plus vivante encore. Les défis et le dépassement de soi m’aident à me connaitre d’avantage.

Je peux vous assurer que cette saison va être riche en défis et dépassement !

Je vous promets des récits de course aux couleurs vives de la pink attitude.

Et même si nous vivons des choses difficiles parfois, il est important de se reconnecter avec soi-même. Je suis convaincue que nous ne rencontrons pas les gens qui croisent notre chemin par hasard et que nous avons à apprendre de toutes les situations. Je fais confiance en la vie, le temps fera le reste.

S’il vous plait, ne me dites pas : courage.

Dites-moi plutôt : Allez on va rouler !

Vous me ferez plaisir :)

 

Merci à Jean-Lou Paiani pour ton séjour et tes conseils.

Merci à Nicolas Von Burg, mon formateur en prépa mentale. Tes séances ont été précieuses.

Merci aux Youniters pour leurs attentions.

Merci à toutes ces personnes qui m’ont accompagnée dans ce travail sur moi. Je suis fière de mon courage. Je suis fière de moi.

Merci à toutes les personnes qui m’entourent et me soutiennent. Vous me touchez !

A très vite

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