Etape du Tour le 16 juillet 2017

5h00 c'est parti. Levée tôt pour prendre la route d'Argentière direction Briançon car les routes vont fermer à 6h.

 

5h30 le camion est garé à la bonne place. Pierre se prépare, il décolle à 7h00 comme il est dans le sas 0. Il fait vraiment frais. Je n'arrive pas à me réchauffer. Sauf qu'ils annoncent super chaud dans la journée. Il ne faut pas partir trop couvert. 

 

6h50 je rentre dans le sas 10 et oui j'ai le dossard 10658. Nous sommes 16000 au départ. R

J'ai froid. J'essaie de ne pas y penser. 

Je me place le plus devant possible. Comme mon départ est à 8h15 j'ai le temps de respirer calmement et me concentrer. Je somnole. 

 

8h10 nous nous approchons de la ligne du départ. Je regarde l'arche de départ. Écoute la musique et me laisse imprégner de l'ambiance. Je regarde la ligne avant le décompte et là je sais. Je sais que je passe la ligne d'arrivée. J'en ai des frissons. 

 

8h15 c'est parti.

C'est parti fort. Le début à une partie descendante. Je cherche le bon peloton avec qui je vais rester le plus longtemps possible.  

Je regarde mon compteur pour voir combien de km il me reste avant le km 47 où je rejoints Loic. Je suis au km 30, je n'ai rien vu passer, ça roule vite. 

 

Nous avions décomposé le parcours : 120 km roulant avec une difficulté au km 60, la côte des demoiselles Décoiffées. 

Au km 120, commence l'ascension du col de Vars soit 9km à 7,5% de moyenne. 

La descente de Vars, puis 10km roulant, et la fameuse montée du col de l'Izoard. L'arrivée est au sommet au km 181. 

Soit une longue longue épreuve avec 2 grosses belles difficultés. 

 

Mon objectif était donc de rester en peloton jusqu'au km 120 afin d'être au plus fraîche pour l'ascension des 2 monstres. 

 

Km 47, pas de Loic. Il a été coincé par la fermeture des routes et du coup, nous nous sommes loupé. La déception m'envahit, je me reprends car je n'ai pas fait tout ce long chemin pour lâcher ici. Je me dis que le principal est qu'il est pu faire le ravito pour Pierre. 

 

J'arrive au km 60 et attaque le premier col. Il passe bien. Je me sens bien.

La semaine de formation la semaine d'avant m'a fait le plus grand bien. Je suis détendu et à l'écoute. 

 

Et oui, la semaine avant l'étape, j'ai terminé le cursus de préparateur spécifique mental pour sportif. Une superbe aventure d'avoir suivi cette formation. Une belle introspection et de belles rencontres. 

Nous avons d'ailleurs fait quelques exercices pour préparer cette fameuse étape du Tour qui me faisait peur. 

Et du coup, je suis confiante et détendu. De quoi profiter du paysage. 

 

En parlant le paysage, la descente de ce col fut un régal. Au-dessus du lac de Serponçon. Celà me donnerait presque l'envie de faire l'Embruman. L'eau y est turquoise un peu comme le lac de Sainte Croix. C'est magnifiiiiqquuue !!!!

 

Au km, je m'arrête au ravito. J'ai mal au gros orteil du pied gauche. L'appui dans mes chaussures n'est pas bon (vivement la séance de fitting de mercredi prochain). Je me masse le pied, prends le temps de manger. Et je repars. 

 

Le km 120 et là, cette première partie n'était pas aussi roulante que le plan nous l'indiquait. J'espère que je n'y ai pas laissé trop de cartouches. 

Ça y est l'ascension du col de Vars commence.

Il est tout doux au début. Mais les 5 derniers km ne seront pas les mêmes, avec une moyenne à 9%. J'ai l'impression de revivre le final de la Vaujany. 

Il fait super chaud. Je me verse régulièrement de l'eau sur la tête. Plus on grimpe, la vue se dégage de plus en plus. C'est superbe en même temps très étrange. Le paysage est lunaire et très sec. Ce qui amplifie la sensation de soif. 

Je suis surprise de voir le monde qui marche à côté de son vélo. Il faut rester concentré, ce serait trop tentant de poser le pied à terre. 

L'arrivée du col de Var à un goût de ligne d'arrivée. Une fois cette difficulté passée, je me rapproche de plus en plus de cette ligne d'arrivée. 

 

Je savoure cette descente. Qui m'emmènera à Guillestre. 

Encore un gros ravito. Il faut dire que cette étape du tour fait penser de Saintélyon (en même temps, ce sont les mêmes organisateurs). En partant dans le sas 10, je me retrouve au ravitos dans les moments de ruch. Autant dire, que tu perds facilement 15min pour remplir tes bidons. Mais il fait tellement chaud, que ne pas s'arrêter serait du suicide. 

 

J'attaque les 10km roulant avant le dernier col. Je savoure ce moment magique. Les gorges sont magnifiques. Les passages dans les tunnels rafraîchissent. Les passages entre les falaises donnent le ton au géant de pierre qui nous attend. 

 

Km 167, dernier arrêt ravito où je croise Charlotte et c'est reparti. 

14km d'ascension à 8,6% et une arrivée à 2300m d'altitude. 

Je repars toujours aussi relâchée. Les premiers pourcentages sont raides. 

Mais vont-ils se radoucir ? 

Étant un col hors catégorie, je ne suis pas sûre. Mais rien ne m'inquiète, je suis confiante. Je monte à mon rythme et je me gère comme le début de cette course. 

 

On dira qu'au vu du peu d'entraînements que j'ai eu pour cette épreuve. Je me contente d'en profiter pour faire des km pour le reste de mes objectifs. 

 

Depuis le début, et notamment plus dans les cols, je ressens les gens qui vont vers cette ligne d'arrivée en silence tel des zombies animés par je ne sais quelle force. 

Beaucoup marche à côté de leur vélo, les voyant déterminé à gravir ce col. 

 

C'est vrai que les derniers pourcentages sont raides. J'aurais la grande fierté d'avoir passé cette Étape du Tour sur mon vélo, même dans les gros cols. 

 

J'aperçois un monde de fou ratatiné dans une buvette dans un virage. Pleins de personnes prennent des photos. Et là, je vois, j'arrive à la fameuse case déserte. J'en ai des frissons. Ce paysage est magique. À en couper le souffle. Je n'arrive pas à vous en décrire la sensation. Je n'ai pas l'impression d'être sur Terre. 

Je me laisse porter dans la descente et au moment où ça remonte, je m'arrête sur le bord de la route. 

J'ai envie de savourer cet instant. Je regarde autour de moi et imprègne ce décor. J'aperçois sur les 2 derniers km cette rampe de cyclistes qui gravissent vers la ligne d'arrivée. Je ferme les yeux, je suis super émue. Je pense au coach Corner (mes acolytes de formations) qui m'ont motivé plus qu'il n'en était possible. 

Me voilà porté par cette fabuleuse équipe à 2km de l'arrivée. Je les remercie très fort. 

Et repars chercher cette ligne d'arrivée. 

 

2 derniers km à 10%. Comment est-il possible qu'il me reste encore quelques watts pour arriver là. Mais j'y suis.

Je passe la ligne d'arrivée en 10h02 (avec tous mes arrêts ). 

 

Je bois un coup et repars sur Briançon. J'ai 20km de descente pour passer cette deuxième ligne arrivée et récupérer ma médaille de Finisher. 

 

Je retrouve mon chéri qui me dit qu'il est très fier de moi. Cela me comble plus que tout. J'ai pris beaucoup de plaisir sur cette épreuve et n'ai pas vu le temps passer. 

 

La suite s'annonce sympa...

 

À très vite 

 

Imprimer E-mail

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir