Ironman 70.3 Majorque le 13 mai 2017

5h45 ça y est le réveil sonne. Je n'ai pas trop bien dormi. Je me suis levée plusieurs fois voir par la fenêtre si le vent s'était calmé. Il faut dire que ces deux derniers jours étaient très ventilés sur Majorque. 

Le petit déjeuner ne passe pas trop. J'ai le stress de savoir si ma cheville va tenir (je l'ai tordu le mercredi lors d'un footing) et si je n'ai pas d'autres soucis. Le reste : on s'en fou !!! Je suis contente de porter aujourd'hui mon 7ème dossard de la saison. 

 

6h40 On sort de l'hôtel pour se rendre au parc à vélo. Il y a environ 3km. La petite marche matinale fait du bien. Le lever de soleil au-dessus de la mer est magnifique. La mer est calme. Ouf. Ce n'était pas le cas deux jours auparavant. 

 

7h00 enfin au parc à vélo. Je prépare mon ravito, pose mon bidon, mets la bonne vitesse au dérailleur, je donne un coup sur la chaîne pour enlever le sable dessus. Sauf, que le vent n'a pas posé de sable dessus mais l'a séché. Je n'ai pas d'huile et personne autour n'en a. La galère !!!

Je tourne la pédale pour bouger la chaîne et essayer de repartir la malheureuse graisse qui reste dessus. NOTE pour plus tard : prévoir un flacon d'huile pour la chaîne quand tu vas au parc à vélo surtout s’il y a du vent toute la nuit. 

 

Je sors du parc. Me rapproche de la plage. Me change. J'ai une envie de fou de mettre ce bonnet orange qui va me faire une tête de carotte... depuis que le règlement a changé ne différenciant pas les groupes d'âge ni hommes et femmes. Nous avons tous un bonnet de la même couleur. Excepté les relais. 

Je rejoints les cases de départ. Je me mets dans la vague 35-39 min. Allez, soyons optimiste, si je fais moins de 40min je serais hyper contente. Ce sera donc du jamais vu. 

L'attente est longue. Très longue. J'en peux plus, je veux y aller. J'aurais dû partir dans une vague plus vite. Je me résonne me disant que nous allons tous y aller. La musique est entraînante, elle te donne encore plus envie d'y aller. 

Ça y est, ça va être le tour de Notre vague. Je suis tout devant. Je me faufile vite dans une colonne. 5, 4, 3, 2, 1 et GO.

 

Natation : 

C'est parti pour 1,9km de natation. 

Il y a une boucle à faire les premiers 800m se font à contre-courant. En bonne fainéante que je suis, j'avais remarqué durant ma longue attente dans le sas de départ que les nageurs formaient un courant tout le long du parcours natation. Je me suis dit qu'il fallait se faufiler dedans pour ne pas lutter dans le courant. 

Les premiers 800 mètres se passent plutôt bien. Je suis même surprise de voir qu'il est temps de tourner pour engager le retour. Ces fameux 100m au large avant le retour ne sont pas facile avec le soleil de face. Mais il y a pleins de petit bonnets orange de partout ! Ça aide pour le coup. 

Je zigzag un peu sur le retour, le courant nous déviant un peu (ma

Montre a affiché 2027m, soit 127m de zigzag...) 

Je me sens bien. Je pense aux séances de Seb qui me dit toujours : "sur la fatigue, grandit toi". Je repense fort à ça en me disant : ne lâche rien, jusqu'au bout. 

J'arrive sur le banc de sable, je regarde ma montre 37min. Youhou !!!! Mais comment j'ai fait !!! 

Merci merci Seb, je me dis.

 

Transition 1:

 

Allez je cours chercher mon sac bleu. Il n'y a pas beaucoup de place dans la tente des filles. Il faut dire que cette année sur 3000 participants nous sommes presque 17% de filles. C'est bien les girls ! 

Je mets mon casque, chaussures vélo, ceinture porte dossard et cours mettant en route mes lunettes. 

Il est long long ce parc à Velo. J'attrape ma monture et cours vers la sortie. Nous sommes nombreux ça bouchonne. 

 

Vélo: 

 

C'est parti pour 90km sur la magnifique ile de Majorque. 

Alors, comme on le sait, j'ai tendance à beaucoup me donner sur le vélo en le payant à pied. Comme cette épreuve n'est pas mon objectif de saison mais un Triathlon apprentissage et plaisir. Nous avons pris, mes entraîneurs et moi-même, la décision de rester dans ma zone de seuil endurance afin d'être très fraîche pour le vélo. 

Les 10 premiers km sont plats, je me retiens de ne pas partir comme une balle. Au km 5, je perds mon bidon. La galère, j'ai un citron pressé et du miel dedans, autant dire que je ne vais pas retrouver cela sur la parcours. Je fais demi-tour, mais je n'ai pas retrouvé le bidon. La blonde de service qui cherche son bidon dans le fossé. Je ne le retrouve pas. Et bin, je me ralenti comme une grande. Le ravito n'est pas loin, c'est pas grave. 

5km plus loin, c'est le tube entier de sporténine qui vole. Cette fois tant pis. (Oui quand je pars sur une longue épreuve, je prends un tabs par heure. Il y a du magnésium et de l'arnica entre autres. Autant dire que c'était important pour moi.)

Du km 10 au km 11, c'est un Leger faux plat montant avec vent de face. Je me gère car il y a une bosse après. De temps en temps, j'arrive à chopper un peloton qui me protège du vent sans me faire choper par les arbitres. Attention, le drafting est interdit. Mais bon, plusieurs le font, j'en profite un peu c'est tout. Chut...

Je me gère mais c'est dur, je trouve que je me fais beaucoup doubler. Je n'ose pas regarder ma vitesse, je ne regarde que les watts. 

Ça y est on arrive dans la montagne. Les 10 prochains km vont être costauds. 

Les 3 premiers ont 7% de moyenne. Je continue à me gérer et me faire doubler. Lors d'un changement de vitesse je déraille. La chaîne est passée par-dessus la cassette. Ça ne m'était jamais arrivé. Bref, je perds encore du temps. Au point où j'en suis... j'admire la superbe montagne avec ses chèvres au-dessus de Notre tête. 

Le pourcentage se radoucit, je repense à Loïc qui m'a dit que c'était dans ce moment-là que je devais maintenir les watts. Je m'y tiens. Et là, je me rends compte que petit à petit je double. Ouf mon moral remonte. 

Vers la fin de la montée Loïc est là. Il me passe un nouveau bidon citron-miel. C'est vilain, je sais... oui l'assistance extérieure est interdite mais je n’aime pas leur produits iso, le coca sur le vélo .... 

Il roule un moment pas loin de moi. Il m'annonce que Flora (ma fille) a eu son pass compétition en natation. Je suis trop contente pour elle. Ça me re-boost encore un peu plus. 

La descente arrive. Elle est très technique avec beaucoup de lacets serrés. Et comme je suis une bille en descente, ce n’est pas dans cette partie-là que j'ai gagné du temps. 

Les routes sont belles. Elles ont presque toutes été refaites. Il y a vraiment que 5km qui sont galère. D'ailleurs, il y a pas mal de matériel de vélo qui a volé sur cette portion. 

J'arrive à mi-parcours. Le vent n'est pas évident. Il n'a pas l'air de souffler comme nous l'avions prévu en regardant la météo la veille. J'avais prévu de changer de roues si le vent était fort. J'avais mis les cosmic 40mm dans ma valise vélo et les Krisium dans celle de mon copain. Une fois sur place, j’ai misé sur les krisium. Le choix fut judicieux car j'ai tendance à m'envoler avec le vélo de chrono et avec les roues profilées j'ai du mal à le tenir. 

 

On passe le pont d'autoroute qui nous fait faire une boucle de demi-tour et à partir de là il me reste que 30km soit un trajet boulot. (Je rappelle que pour gérer mon mental, je me pose des points de repère. Je vais parfois au travail en vélo. J'ai exactement 30km. Comme c'est un trajet où je suis à l'aise. Je décompte mes parcours vélo en trajet boulot soit 30km)

Mettant bien économisée en début de parcours la fin passe super bien. Pas de lassitude, ni de douleurs, même pas les cuisses qui piquent. Je relâche vers les 5 derniers km, je tourne plus les jambes pour préparer ma course à pieds. En plus, il y a le vent de face. Autant dire, que ça ne sert à rien de gaspiller de l'énergie maintenant. 

 

Transition 2: 

 

Je défais mes chaussures sur le vélo pour pouvoir courir pieds nus. Je pose mon vélo. Cours chercher mon sac rouge. Galère la transition dans le sable. Je n’ai pas trop envie d'en avoir dans les chaussettes pour courir.  Je mets mes baskets. Enfile mon casque dans le sac rouge que je jette je ne sais même pas où. Et je pars. 

 

Course à pieds : 

 

Et c'est parti pour 21,1km décomposés en 3 boucles de 7km et le couloir d'arrivée.

Le début de la boucle se fait le long de la plage. C'est le sens contraire d'il y a 2 ans. Je sais qu'au bout il y a un petit pont qui casse les pattes. Il y a beaucoup de monde sur cette promenade. C'est entraînant. Le début est dur, les jambes sont un peu lourdes. Je repense aux conseils de Fred. Je me grandi, je me concentre sur ma foulée pour éviter de ne pas partir trop vite ou de trop écouter mon corps. J'arrive au premier ravito. Il fait super chaud. Je m'équipe de mes éponges habituelles : une sous la visière et une sur chaque épaule. J'ai le style. 

Je ne souhaitais pas marcher mais la configuration des ravitos t'y oblige. Tant pis, je me concentre sur ma reprise de course. 

J'arrive au demi-tour passant la ligne de contrôle de puce. Je pense à mes proches qui ont des nouvelles à chaque fois que j'entends ce bip. Ça me fait du bien au cœur. 

Après le demi-tour, c'est la longue ligne droite. 2km tout droit. C'est minant. Je me concentre, j'ai prévu de tenir ce semi. Je n'ai pas sacrifié mon Vélo pour craquer ici. 

Je vois Loic qui me passe un nouveau tube de sporténine. (Je lui avais dit de vite repasser à l'appart). Je n'arrive pas à manger sur la course à pieds. Il faut donc que lorsque que je pose le vélo, je me sois bien alimenté. Boire sucré me suffit. Mais avec une ou deux pastilles c'est mieux encore. 

Il roule un moment le long de la course à pieds. Je lui demande mon temps en vélo. Quand il me dit 3h34, j'ai un coup au moral. J'ai fait un Vélo pourri. Allez cours, on n’était pas là pour faire un super vélo, je me dis. C'est mon 6ème half et j'ai toujours fait le semi en 2h30. J'ai travaillé pour progresser. Cette course est là pour voir l'avancée de mes entraînements. Et faire ensuite des réglages pour le reste de la saison. 

J'arrive au deuxième ravito. Sur le papier, je me disais que c'était beaucoup un ravito tout les 2,5km mais en fait vu la chaleur c'est le minimum. 

Le parcours course à pieds à changer par rapport à il y a deux ans quand je l'ai fait. Je le trouve mieux. Ça y est j'ai passé le 4eme km et mes jambes vont bien. 

Je passe le 3eme ravito. 

J'attrape mon 1er chouchou, le rouge. 

Mes jambes vont bien. Je tiens bien le rythme. La deuxième boucle passe bien. Je me rends quand même compte que la longue ligne droite est freinée par le vent de face. Je suis collée. 

Je pense à ma cheville. Elle ne me fait pas du tout mal alors que deux jours avant je ne posais pas le pied par terre. Les séances de lumino sont hyper efficaces. (Je vous écris un article très vite sur ce petit appareil qui m'a conquis)

J'attrape mon deuxième chouchou, le jaune. Ça y est c'est mon dernier tour. J'ai pris pour habitude de remercier les personnes qui nous encouragent le long du parcours et les bénévoles aux ravitos. 

Ils sont tellement contents quand on les remercie que ça me fait deux fois plus chaud au cœur. 

Je décompte les ravitos. Plus j'approche et plus l'émotion monte. 

J'attrape mon dernier chouchou, le bleu. 

THE LAST ONE !!! On se dit avec d'autres coureurs. On partage notre bonheur sur ce dernier km qui nous emmène vers la ligne d'arrivée. J'ai envie de pleurer. 

Je suis trop contente. 

Ça y est je l'ai mon chouchou, je peux rentrer dans le couloir final. 

Je tape dans la main des personnes qui encouragent. Et dans la main du présentateur. Je suis trop contente. 

Je lève le doigt au ciel devant la ligne d'arrivée, Fred, elle est pour toi cette course. MERCI pour tout !!!!  On l'a eu cette progression. 

 

Je suis à nouveau finisher de l'ironman 70.3 de Majorque en 6h38.

 

On me donne ma médaille. C'est la même qu'il y a deux ans. Sauf le nom du sponsor change. 

Je récupère mon tee-shirt. Mon nouveau t-shirt porteur d'histoire. 

Et je retrouve mon copain pour pleurer de bonheur dans ses bras. 

 

Bilan de cette course : 

Les cours de combi avec Seb m'ont bien servi. Il faudra tout de même que je la change. Ma nage ayant évoluée, j'ai trop de flottaison dans les jambes. Et un peu trop grande aussi maintenant, c'est bon signe. 

Je me suis effectivement bien gérée sur le vélo. Au vu des entraînements que j'avais fait au préalable, je ne peux que me contenter de cette performance. Les cyclo-sportives qui m'attendent vont me remettre dans le droit chemin. 

Je suis contente de ma course à pieds. Je sors ce semi en 2h13 en marchant bien à tout les ravitos. J'ai pris beaucoup de plaisir. Et j'ai progressé. Je suis encore plus motivée pour travailler. 

 

Merci merci à Seb et Fred pour le partage de votre passion. 

Merci à mes proches qui me soutiennent et croient en moi. Plus que moi parfois. 

Merci Carmen, mon ange gardien. Tu es trop forte.

Merci merci et merci la vie

 

Vivement la suite !!! 

 

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