Ironman 70.3 Dubaï le 27 janvier 2017

Qu’est que c’est 70.3 je vous entends dire ?

C’est le cumul des 1,9km de natation, 90km de vélo et les 21,1km de course à pieds soit 113km converti en miles (distance Américaine) cela donne 70.3. Donc la moitié de la distance d’un vrai Ironman.

 

-4h45 heure local Dubaï soit 1h45 heure Française :

Ça y est le réveil sonne, ça fait déjà une demi-heure que je tourne dans mon lit en fait.

Depuis lundi que nous sommes arrivées (Mumu et moi), j’en peux plus d’attendre, je veux y aller. Je ne stresse pas du tout, je suis surexcitée à l’idée de prendre le départ.

-6h00 arrivée au parc à vélo :

Nous dirons qu’aux pays des Emirs, ils ne font pas les choses à moitié. C’est sûr, vous me direz, nous sommes à Dubaï. Le parc à vélo est juste magnifique, une estrade sur la plage entourée de drapeaux avec tous les pays représentés sur la course. A savoir, que nous étions 2000 au départ et qu’il y avait 80 nations de représentées. La France était en 3ème position derrière l’Afrique du sud et l’Angleterre.

Bon alors, au parc à vélo je disais. Je rempli mes bidons, vérifie mes pneus, check la bonne vitesse sur la cassette. C’est bon, tout est parfait.

Nous partons direction le départ, près de l’hôtel voile.

Le Jumeirah Hôtel était partenaire de la course. Nous avons d’ailleurs 2 jours avant assisté au briefing de course accompagné d’une modeste pasta party. Mais bien sûr que NON !!! c’était un méga giga banquet de fou !!! Comme un grand mariage où je n’ai jamais été.

Nous entrons dans le jardin de l’hôtel, sur la gauche un bassin de 25m. A savoir qu’il y a peut-être 4 ou 5 piscines autour. Les pros s’échauffent dedans justement, on entend les sifflets de certains entraineurs.

Donc ce tout petit hôtel a une plage privée et son port. Jusque-là tout est normal.

Le départ se fera dans le port où l’eau est calme et nous emmènera vers la mer.

-7h00 la natation

Nous étions rassemblés dans les sas de départ. Je croise Amir, un ami triathlète Suisse et son pote. Ça fait du bien de voir des têtes familières. Le départ s’est fait en rolling start soit 5/5 toutes les 5 secondes

Départ des pros à 7h00 tout pile, ils n’ont pas eu le droit à la combinaison. Le règlement pro et amateur doit être différent car pour nous elle était autorisée.

7H17 tout pile, je suis sur la même ligne qu’Amir et son pote. Les bips décomptent le 5,4,3,2,1 GO

Youhou c’est parti pour 1,9km de natation, depuis le temps que j’attendais ça, je suis trop heureuse. Et ploufff

Muriel part 5 secondes derrière nous.

Ça y est je nage à côté des plus gros Yachts privés de la terre, normal.

On sort du port et là, la galère commence. Un bon petit courant de face pour aller choper cette première bouée… je nage sur place. Première bouée enfin passée, je vois au loin la Tour Kalifa (elle fait 3 fois la Tour Eifel). Je me dis que quitte à prendre mon mal en patience, j’ai meilleur temps de faire une petite visite.

J’aperçois quelques petites méduses de temps en temps, je n’ai pas vu de requins pour ceux qui se posent la question.

Je me dis que c’est juste génial de voyager pour faire des triathlons et de nager dans des mers différentes. Je rajouterais le golf Baltique à ma liste. Et non, il n’avait pas un petit goût de pétrole.

Les petites vagues brassent, j ’espère ne pas être trop mal sur mon vélo après. En tout cas, nous avons de la chance que ce ne soit pas les mêmes vagues que j’ai vu en début de semaine…

Je pense et repense aux conseils de Seb. Accélérer de temps en temps et me grandir. Avec la distance et de ne pas savoir où on en est, j’ai vite tendance à me ratatiner et m’endormir, alors je relance au lieu de profiter du paysage.

Le retour n’est pas facile avec le soleil de face, je ne sais pas où je vais mais comme je vois des bonnets, je suis. D’ailleurs en parlant de bonnets, je repars avec un bonnet rouge… je suis trop triste. J’espère que j’en aurais un rose la prochaine fois (y’a interêt !)

Je sors de l’eau en 40min. Ce n’est pas très bon mais vu la difficulté du parcours, je m’en contente.

Jean-Lou m’a menti sur ce coup-là, il m’a dit que la natation était plate. Mon œil. De souvenir, cela restera une des natations des plus difficiles que j’ai eu sur un triathlon.

 

Transition 1 :

Je sors de l’eau. Me rince un peu sous la douche, surtout le visage pour enlever au max ce sel qui pique à l’effort.

Avec mes répétitions avec Muriel pour qu’elle retrouve ses sacs dans l’ère de transition, j’en ai oublié où étaient les miens. C’est malin…

J’attrape mon sac bleu, passe dans le vestiaire femme. Enlève ma combi, mets mon casque, lunettes et chaussures de vélo. Et hop, je jette en courant mon sac au passage. Je cours chercher mon vélo et roule ma poule. Ça s’est passé aussi vite que ça.

 

Le vélo :

Alors, sur le papier, le parcours à l’air plat. Heu… Oui effectivement, il n’y a pas de dénivelé. C’est faux plat montant sur l’allez 45 km, un demi-tour et le retour.

Du km 0 au km 30, ça roule. Les rampes d’autoroute version Dubaï cassent un peu les pattes mais ça passe. Le vent est d’un quart est. Je le sens mais c’est gérable.

Au km 30, je vois sur la route du retour les pros qui reviennent. Je vois Daniela Ryff, elle bouclera son vélo avec une moyenne de 42km/h et gagnera l’épreuve comme en 2016. Elle portait le numéro 74, c’est le dossard qui a dû lui porter chance à cette grande championne du monde d’Ironman.

Je me sens super bien sur mon vélo, couchée sur mes prolong avec un cocktail dans le bidon paille à bouche. J’ai l’impression que mon vélo roule tout seul sur ce billard. Je me dis que les supers pneus que Loïc et Pierre m’ont  installé ,m’ ont assuré un super rendement et c’est ce qu’il se fait de mieux. C’est vrai, j’ai gagné 3km/heure de plus. Génial !!! Merci les gars.

Du km 30 au km 40, alors là… le vent est de face. En pleine face !!! Et ce faux plat montant qui n’en finit pas. Il me fait penser au faux plat qu’il y a d ’ Yvoire à Messery sauf que là, il dure 10 bornes. Avec une fille Argentine (ça se dit ça ?), on roule pas mal ensemble. On se double et redouble. On s’encourage. Mais là c’est vraiment dur. Je vois ma moyenne chuter. J’ai beau observer le paysage désert avec ses dunes de sable et ses palmiers, c’est magique. Mais non, c’est toujours aussi dur. Je me dis que Dieu si tu existes, envoie-moi un signe. Et là, un peloton arrive en trombe. A savoir qu’il est interdit de rouler en peloton et de drafter. Là, ils sont au moins une vingtaine et ça doit faire un moment qu’ils sont ensemble. Allez hop, je chope le train en marche. Plus facile du coup face au vent, je récupère un peu.

Virage à 90°, le demi-tour n’est pas loin. Il y a 2,5 km allez retour. Le vent est de côté, c’est super dur de tenir le vélo. Nous restons assez nombreux et il est compliqué de gérer les écarts de chacun plus ton vélo qui s’envole. Il y a du sable sur la route et dans l’air. Il colle sur le visage, génial je peux me faire un petit gommage. En plus, je venais de me mettre du stick à lèvre. C’est un style, vous me direz… 

Cette fois c’est bon, je sais que le vent sera dans le dos pendant au moins 10km. Non mais oh, on ne va pas déconner non plus, je dois faire honneur à mon dossard. Ce n’est pas tous les jours que l’on a un numéro d’avion. Le Boeing 757 Condor est en route, j’envoie du lourd sur le retour où je fais mes 40 derniers km en une heure.

Je termine avec une vitesse moyenne de presque 33km/h en 2h42. C’est un vélo de rêve !!!

Avec Jean-Lou, nous savions que ce triathlon n’avait pas d’objectif précis. Il m’a programmé une saison hivernale afin de bien préparer la saison à venir. Cette épreuve n’était là que pour le plaisir, se donner de la motivation pour l’hiver mais surtout de ne pas perdre le travail fait l’année dernière.

Comme quoi confier sa physiologie et ses objectifs à un entraineur ça paye. Je suis même très surprise de voir ma progression vélo depuis que je travaille avec Jean-Lou. Il est au top !!!

Surtout ne l’appelez jamais, je le garde pour moi. ;)  

 

Transition 2 :

Je défais mes chaussures sur mon vélo pour courir pieds nus. Les jambes répondent pas mal. Je pose mon vélo et vais chercher mon sac rouge, le sac course à pieds. Je mets les chaussettes et les baskets. Jette mon sac au vol et file.

J’aurais mis 3minutes 13 sur ma première transition et 4 minutes 18 sur la deuxième, sachant que la distance courue dans le parc à vélo est de 400m, je n’ai pas trop perdu de temps. Je discuterai avec Frédéric voir ce qui est à améliorer sur ces longues transitions.

 

Course à pieds :

 

C’est parti pour 3 boucles de course à pieds soit 21,1km.

1ère boucle :

A Dubaï, il y a le long de la mer une piste de course à pieds tracée par un tapis vert. Ce tapis est un peu moelleux pour ne pas courir sur du dur.

Mes jambes sont lourdes très lourdes. La chaleur n’aidant pas la sensation. Le tapis vert me fait mal aux jambes, j’ai l’impression de m’enfoncer dedans.

On va pas se mentir, je n’ai pas autant bossé mes transitions qu’en pleine saison. Quand tu reviens du vélo et que tu ne sens plus tes pieds tellement ils sont gelés, c’est vraiment galère.

C’est Fréderic Descarrega, entraineur au club de triathlon de Thonon qui me suit en course à pieds cette saison. Il m’a bien corrigé la foulé, j’en ressens déjà les progrès. Il s’était mis d’accord avec Jean-Lou, pas d’objectif temps sur cette course. Nous avons juste construit du foncier. Le travail de vitesse viendra dans un deuxième temps.

Avec Muriel, nous avions reconnu la boucle de la course à pieds en nous promenant 3 jours avant. Elle est bien décomposée dans ma tête, elle passe assez vite. Enfin… Normalement.

J’ai croisé Amir qui finissait sa deuxième boucle. Il court vite. Il finira son épreuve en 4h41. Une machine le gars !!!

Mes jambes commencent à se mettre en route vers le km 3. J’arrive au demi-tour, ce n’est pas des chouchous que l’on te donne à Dubaï, ce sont de jolis bracelets en silicone de couleur. C’est sympa comme souvenir.

Le retour est difficile, le vent de face freine énormément.

 

2ème boucle :

J’arrive au ravito, j’essaie de boire. Ça ne passe pas trop. En fait, depuis le km 45 en vélo, j’ai du mal à boire et à manger. Je suis écœurée. J’en peux plus du sucre. La pâte d’amande et les barres  bio ne passent plus. Le jus avec électrolytes dans le bidon non plus. A partir de ce moment-là, j’ai tourné à l’eau et me suis forcée à boire régulièrement. C’était sûr que quelque chose n’était pas passé.

Il faut dire que depuis le début de la semaine où nous étions arrivés, je n’avais pas supporté la climatisation de l’hôtel et j’avais chopé une crève. On a tout essayé pour la faire partir. Mumu m’a fait de la fasciathérapie sur la tête pour déboucher tout ça, je sentais même une otite arriver. Autant dire qu’il n’a pas été facile pour mon corps de faire du jus juste avant l’épreuve. Mais la motivation et l’envie étant plus grande, mon corps s’est battu.

Tout cela pour vous dire qu’à ce moment là, je sens mon ventre qui me fait mal. Et ce n’est pas bon signe du tout.

Je suis prise de temps en temps de gros spasmes dans les intestins ce qui m’oblige à marcher. Je respire profondément pour tenter de calmer la douleur.

Du coup , j’ai eu une discussion sérieuse avec mes intestins. Je leur explique que j’ai laissé les filles au boulot et que je leur doit de terminer cette épreuve. Ils ont l’air de comprendre car ça passe et je cours de nouveau. Sauf qu’il a fallu que je discute plusieurs fois avec eux.

C’est tellement dommage, moi qui me faisait une joie de mettre en pratique les conseils de Fred. Je suis déçue. Mais bon… ça arrive. Le principal, c’est que ça n’a pas été si grave que ça et que je vais bien.

 

3ème boucle :

J’essaie de réveiller tous ces points de ressources en moi afin de vivre cette dernière boucle au mieux. On a dit : ce triathlon pour se faire plaisir !!! Alors, je cherche dans ma tête tous ces avantages à ce voyage.  Je pense à mes filles qui voulaient venir avec moi. Je cultive au maximum toutes ces pensées positives car c’est elles qui nous rendent plus fort.

Je remercie au passage les bénévoles. C’était une sacrée différence de culture sur ce coup-là. Jamais auparavant une femme voilée de la tête aux pieds ne m’avait tendu une bouteille d’eau. Et là, je prends conscience de la chance que j’ai d’être libre sur tous les plans. Et de cette quête de liberté que je recherche au quotidien en courant. Ouha, j’ai une chance énorme.

J’attrape mon dernier bracelet, j’ai envie de pleurer. C’est un mélange de déception de cette course à pieds et de joie. Cette aventure a été belle. Elle a commencé dès l’inscription en passant par la préparation jusqu'à la course. Tous ses entraînements que je n’ai pas vu passer. Jean-Lou m’a dit un jour : « Tu dois t’entraîner comme si tu avais l’impression de ne pas t’entraîner. » Il a raison, le plaisir doit rester avant tout. Mais la cette aventure va se terminer au passage de la ligne d’arrivée.

Il ne me reste que 200m à courir et là j’entends que quelqu’un prononce mon prénom en disant : Allez la France !!! Je tourne la tête et je vois Marine Leleu.

Pour ceux qui ne connaissent pas Marine, c’est un coach sportif qui fait du triathlon en amateur sur du longue distance. Elle est sur Paris. Elle est très suivie sur les réseaux sociaux. Je la suis sur Instagram, Facebook, strava et YouTube où elle poste très régulièrement des vidéos. Elle est fraiche, drôle, sincère, elle te transmet son énergie. Elle fait du bien quoi. Elle devait courir à Dubaï mais elle était malade. Elle est venue encourager ses amis et les Français comme elle l’a dit dans sa dernière vidéo. C’est d’ailleurs grâce à sa dernière vidéo que j’ai reconnu son pote Julien sur la fin du vélo. On a un peu discuté de son vélo et c’est à ce moment-là que j’ai fait le rapprochement. Il m’a dit : Oui oui, elle est là.

Et donc à ce moment-là, je suis contente de la voir et de la reconnaître. Elle a d’ailleurs posté ce moment dans sa storie d’Instagram. Hé oui, elle filme tout la chipie !!!

Ça y est je rentre dans le couloir d’arrivée. Il y a beaucoup de monde. Ça crie de tous les côtés. Je tape dans la main des gens. Je savoure cette arrivée.

Je passe la ligne d’arrivée en 6h10 !!!  La médaille est hyper lourde.

Je pleure, mon corps lâche et les émotions sortent.  Ça a été dur vraiment dur mais tellement bon.

Je suis fière de moi, je suis sortie de mon seuil de confort et je sais que je me suis donnée sur cette épreuve. Attention, il a l’air facile sur le papier ce triathlon mais ce n’est pas vrai du tout. Les conditions climatiques ne sont pas faciles surtout à cette période de l’année.

Je progresse de triathlon en triathlon. C’est mon meilleur chrono sur cette distance même si bien sûr ils ne sont pas comparables. Doussard et le Natureman que j’ai déjà fait ont des distances plus courtes mais plus de dénivelé sur le vélo. Après, étant rouleuse et beaucoup moins grimpeuse, on savait à l’avance que ce profil de parcours serait plus en ma faveur.

J’attends dans l’espace de l’arrivée, Mumu ne va pas tarder. Je me pose, pleure, boit, pleure… Une vingtaine de minute plus tard, elle arrive. On se prend très fort dans les bras et je repleure. C’était vraiment trop génial de partager cette aventure avec ma pote de vadrouille comme je l’appelle. On s’entend super bien. Je crois que j’ai trouvé plus têtue que moi ;)

 

Nous n'avons pas eu de tee-shirt de Finisher mais une doudoune de Finisher, la garde robe change.

Je termine, le 27 janvier 2017, mon premier défi des 100 jours à Dubaï.

Pour ceux qui ne connaissent pas le défi des 100 jours de Lilou Macé. C’est un cahier (il en existe 3 sortes) de coaching et de développement personnel. Je l’avais commencé le 16 octobre pour le finir au 27 janvier. Dubaï était mon objectif de ce défi. Pari réussi. Je vais bientôt en commencer un deuxième. Je vous recommande vivement ces cahiers qui sont fort utile pour grandir dans la vie.

 

Voilà, une petite visite de Dubaï et je rentre.

 

Merci Jean-lou Paiani, mon entraîneur de vélo allez je ne vais pas faire ma radine, je vous donne son tel : 06 76 98 39 01 si vous voulez progresser et vous faire plaisir en vélo

Merci Sébastien Gelé pour la partie natation. On a du pain sur la planche !!!

Merci Frédéric Descarrega pour ma prépa en course à pieds. Un jour, tu verras, je m’envolerais.

Merci à mes proches pour leur soutient, leurs messages et surtout leur patience

Merci Murielle Boucher Linsolas de Mulin sport pour la nutrition

Merci Cécile comme d’habitude pour la micro nutrition à la pharmacie de Bonnatrait

Merci Gérald, la petite aiguille à bien tenue toute la semaine. Zéro douleur à l’épaule

Merci Pierre Bourlot (directeur sportif de l'équipe de cyclisme de Vaulx en vélo) pour les réglages sur mon vélo

Merci aux filles du boulot qui assurent gravent ;)

Merci Merci Merci à tous pour votre soutient, j’espère vous embarquer très vite dans une nouvelle aventure.

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