Ironman de Copenhague le 21 Août 2016

Dimanche 21 Août

-5H Le réveil sonne. J’ai bien dormi malgré le fait que Jade, un peu anxieuse, ait voulu passer la nuit avec moi. Ça y est c’est le jour J. Je suis super heureuse, je sens en moi l’envie d’y aller.

Petit déjeuné avec Cécile et Xavier. Je suis surprise de voir que j’ai bon appétit même si j’ai un peu de stress.

-6h Tout le monde s’organise, ça y est on y va. On va prendre le métro, 3 arrêts plus loin et nous ne sommes pas loin du départ. La petite marche à pied du matin nous échauffe pour la journée. Je suis inquiète pour Cécile, son petit dèj ne sera pas resté longtemps dans son ventre.

Petit check du vélo : il est sur la bonne vitesse, les pneus sont ok, le frein arrière ne reste plus collé (petit soucis technique la veillele frein a du bouger pendant le transport), j’accroche ma sacoche ravito, je remplis mes bidons, tout est bon. J’ai remarqué que le coin fille était bien doté de vélos avec la touche rose. Tu vois Céline, j’suis pas la seule.

-7hpart des professionnels. Nous sommes appelés à nous rassembler. Le départ se fait en Rolling start soit 5 par 5 toutes les 10 secondes. Normalement par temps estimé de course. On va dire que c’était pas du tout ça, c’était du grand n’importe quoi 5 par 5. Les niveaux dans l’eau n’étaient pas du tout équilibrés. Ça a tapé pas mal de fois surtout lors des passages de bouées.

Je m’enfourne donc dans la file d’attente, je retrouve Cécile et Xav. Je suis tellement contente et pressée d’y aller que j’ai remonté doucement la file ni vu ni connu.

Je croise la famille decile. L’attente commence à être longueIl fait chaud dans la combinaison et entassée au milieu de tout le monde, je n’ai pas d’air. Je gruge encore un peu. Je me retrouve dans le couloir de départ. Ça y est ça va être à moi. Heuma montre n’est pas prête, je ne l’ai pas allumé. Je laisse passer 2 gars devant moi du coup. C’est malin.

-La natation : 7h45 à peu près… cette fois c’est bon, j’y vais. Courir sur le sable est plus génial que les cailloux de Nice. Sauf que l’eau est super froide. L’attente et la surchauffe dans la combi me font un choc de température. Je me baisse une fois dans l’eau et après ça y est, c’est parti. Je repense à la natation de Doussard cette année où l’eau était à 13°. Les sensations de froid étaient presque similaires à l’exception que je n’ai pas froid aux joues comme à Doussard.

La natation se passe dans une lagune. Elle n’a pas l’air très profonde. Il y a plusieurs ponts avec les distances écrites dessus, c’est super sympa. Et c’est bien de savoir où l’on se trouve. En plus, on entend du monde qui encourage. Au passage du premier pont quand l’eau commence à s’éclaircir, il y a comment direpleins de petits animaux de compagnie très sympathiques. Un peu gélatineux certes mais très sympa à regarder. Seulement regarder. Il y a PLEINS de méduses partout !!!!! Pas de panique, j’ai une combi et les bras court. Donc tout va bien se passer. Je me concentre sur ma nage. Comme me dit Sebastien, il faut conscientiser chaque mouvement. Je me sens bien. C’est la première année que je prends autant de plaisir en natation. Cette année, nous en avions parlé avec Seb, il serait difficile de gagner 10min de mieux en natation sur cette distance. Mais je peux le faire dans le même temps pour nager à l’économie et ne pas me cramer pour le vélo après.

Deuxième pont, un banc monstrueux de méduses. Des petites violettes. Des grosses blanches. De partout !!!! Je sors la tête de l’eau et je brasse. Je ne veux pas toucher les gelly. Allez, courage. Je me dis que si l’urine soigne les blessures des méduses, j’ai meilleur temps de pisser dans ma combi pour me protéger. (Ok, d’accord, on se rassure comme on peut) J’y retourne, je nage. Dernière bouée du fond avant de revenir. C’est une blague ou le sol se rapproche ? Non, mais bras n’ont pas grandi en cours de route… Je me redresse et je marche, jai pied !!!! Je profite pour regarder ma montre et hop je plonge. Le retour passe vite. L’orientation sur la fin est un peu difficile à cause de la brume. Nous soupçonnons quelques-uns d’avoir coupé plutôt que d’aller chercher le dernier pont.  

Je sors de l’eau en 1h22pour les 3,8km !!! Autant dire que c’était une belle natation. 10 min de moins qu’à Nice !!!

-Transition 1 : Je titube 2 pas en sortant de l’eau et hop c’est parti. J’attrape mon sac bleu et je rentre dans la tente des filles. J’avais gardé mon cuissard sous ma combi. Ayant juste ma brassière, il était normalement plus facile à mettre juste le haut sec. Oui, plus facile, si on oublie pas que le corps mouillé rend les choses plus difficileQue vu la matière toute fine du haut, il n’allait pas du tout s’enrouler en le mettant… Qu’heureusement une fille qui m’a vu me débattre dans ma camisole de force est venue m’aider. Bon cest bon, j’ai mes chaussures lo, mon casque, mes lunettes, les manchettes (un peu frisquet le matin)

Jattrape mon vélo 500m après et je sors de cette transition en 7min.

-Vélo : Jean-Lou m’avait bien dit de prendre mon temps sur les 10 premiers kilomètres pour manger et boire. Je me rends compte que contrairement à Nice, je ne suis pas brassée suite à la natation, jarrive à bien manger et boire. C’est plat ça roule, je suis vite dedans. Comme quoi, les effets de la natation ne se sont pas fait sentir. Les 10 premiers km sont dans la ville. J’appuies sur je ne sais  quoi sur ma montre et je n’ai plus mes données… Mince alors. Je finis lactivité pour en enregistrer une nouvelle. RhhooJe perds du temps.

Vers le km 20 en bord de mer, Xavier me remonte. On discute un peu et il file. Je me sens super bien, j’avais bien décomposé le parcours dans ma tête. 180km en 2 boucles. Mon repère, mon trajet boulot de 30km, je décompose chaque partie en 30km. Et je me dis à chaque fois, plus qu’un trajet boulot.

Le parcours est plaisant. Le paysage agréable. J’avoue que je n’ai pas plus porté dattention à la visite. Je suis restée concentrée. OUI Lore ta séance d’hypnose à bien fonctionné. J’ai ma conscience dans mes jambes, dans mon pédalage, sur mes watts (la consigne : ne pas dépasser les 148 watts).

J’arrive au km 50 et là je me dis plus qu’un trajet boulot pour le ravito du km 80. Ma mère et mes filles sont là avec des pass VIP. Elles sont donc censées arriver en bus à ce ravitaillement. Le parcours n’est pas très plat, il y a des petites bosses un peu casse patte. Pas mal de serpentines qui demandent de la relance. Je passe le km 80 le ravito n’est pas loin, il y a un monde de fou dans cette montée. Les gens sont sur la route, la musique à fond avec des confettisIls ont la patate les Danois. Je ne vois pas mes filles dans cette foule. Les gens sont au milieu de la route pour t’encourager, on se croirait au tour de France. Je m’arrête prendre mon ravito perso et je repars.

Deuxième boucle, le vent se lève. Le long de la mer, on le sent de côté. Sauf que la fin de la boucle se fera de face. Je me doutais que j’allais me payer du vent sur ce vélo. Je n’ai pas le souvenir d’avoir roulé sans vent cette année. Les jours où il était bien fort, j’appelais ça : Entrainement Copenhague.

Quand tu as un bon rythme de croisière et que sur la fin tu te sens collée à la route et que tu vois ta moyenne chuter, ça met un coup au moral. Je prends mon mal en patience, je monte les vitesses et je tourne les jambes. Quitte à ne plus avancer, je vais pas brûler des watts pour rien.

J’arrive en ville. J’aperçois les coureurs. Je ne sais pas où est le parc à lo comme la transition n’est pas au même endroit que le départ.

Je descends de mon vélo après 6h12 pour les 180.2km. Un vélo de rêve. J’ai tellement pris de plaisir. Je me sens tellement bien sur ma machine de guerre. Mais bon, faut la donner quand même à un monsieur qui va la ranger.

-Transition 2 : Suite au bug de ma montre, à ce moment-là, je ne sais pas du tout combien de temps j’ai mis en vélo. Je vois la famille de Cécile. J’ai bien l’impression qu’ils avaient tous les bons spots pour encourager. Il doit y avoir un peu d’expérience là-dessous.

J’attrape mon sac rouge et hop je troc mes chaussures vélo contre mes baskets.

Je sors de cette transition en 5min

-Course à pieds : Allez c’est parti pour 42km soit 4 boucles et demi. Les jambes sont un peu lourdes. Je n’ai pas de cuissard de compression comme à Nice.

J’ai eu mes dernières semaines d’entrainement difficile. Nous avions redressé un peu ma selle pour que les quadriceps ne me chauffent pas trop afin de faciliter les transitions.  Sauf que je me suis faite, compte tenu de la position chrono, des cystites dû à l’appui du pubis sur la selle. C’est très très douloureux et très fatigant. Il fallait trouver une solution. Une semaine avant l’ironman, nous avons décidé de redescendre la selle, quitte à brûler un peu plus les cuisses en vélo. Pour anticiper une éventuelle cystite le jour de l’ironman, j’ai pris un antibiotique sur moi au cas-où.

La course à pied est très ludique, on passe par pleins d’endroits dans la ville. Ça tourne beaucoup, il n’y a pas trop de longues lignes droites. Il faut juste rester vigilant car il y a pleins de petites marches et des pavés (type Roubaix).

-1ère boucle : Je cours dans les zig zag en pavé près de la ligne d’arrivée. Je jette un œil à la tente vip et là je vois ma mère et mes filles. Ça y est je suis remontée à bloc. Je cours jusqu’au premier ravito, je m’hydrate et prends des éponges. Il fait chaud. Je passe aux toilettes. Sachant qu’à la transition jy était déjà passée… Je continue, je passe le passage de puces. Je me dis que je donne des nouvelles aux personnes qui me suivent. Ça me fait du bien. Il y a de la musique de partout. Les gens chantent, dansent et ils encouragent tout le monde. Il y a une ambiance de folie. 3ème ravito, je retourne aux toilettes. Pour rien faire en plus. Ça ne va pas, je sens mon ventre qui commence à gonfler. Il est hors de question de laisser la cystite prendre le dessus. Je marche, je sens cette sensation d’inconfort dans mon bas ventre. 4ème ravito, je prends l’antibiotique. Il agit assez rapidement d’habitude. Je marche un peu après. Surtout dans les passages de pont. J’attrape mon premier chouchou jaune.

-2ème boucle : ça y est je suis dedans. Je me concentre et trottine. Je croise Cécile et Xavier. Ils courent ensemble. C’est beau l’amour !!! Je cherche des personnes qui courent pour l’association avec moi.

Cette année, comme l’ironman était complet, il restait quelques places soit par agence de voyage (c’est ce qu’on fait Cécile et Xavier) soit courir pour une association « Save the Children » en signant un contrat avec eux dans le but de récolter des fonds. L’idée me plaisait bien. J’ai rencontré des difficultés en prenant conscience que le fait de donner pour des associations n’est pas dans notre culture Francaise. Mais j’ai heureusement trouvé des gentils donateurs qui m’ont encouragé à courir.

Je croise ma petite maman et mes filles à chaque tour près de larrivée. Ça me nourrit.

-3ème boucle : je cours sur le ponton de bois au bord de l’eau. Le paysage est magnifique. Je me surprends à penser que c’est bel et bien cette troisième boucle qui d’habitude est très dur physiquement et psychologiquement, mais en fait rien, tout va bien. Je me dis que je vais être dans le dur plus loin. Plus loin, ça ne vient pas

Je marche toujours au ravito pour bien boire. Je prends un fond de red bull que je coupe à l’eau. Ça se boit bien. J’aime bien le gout. Même si c’est bien le type de boisson que je ne bois jamais.

Jarrive au fond près de la petite sirène. Je ne savais pas que la légende de celle-ci venait de Copenhague. Je me suis dit que j’allais peut-être retrouver ma voix.

J’attrape mon chouchou rouge, ça y est-il me reste une boucle à faire et 4km.

-4ème boucle : Je prends conscience que c’est mon dernier passage. Je remercie tous les gens qui étaient là pour nous encourager avec leur stand et leur musique. Je ne sais pas s’ils ont conscience à quel point cela porte mais je leur transmets toute ma reconnaissance. Je regarde le paysage : les bateaux, les maisons colorées, ce port au loin sur l’ile. Je remercie cette ville riche en couleurs et en énergie. Je ne sais pas si un jour je reviendrais, alors j’imprime le paysage dans ma mémoire.

Je croise la famille de Cécile qui est tranquillement installée dans des transats. Ils ont quand même été présents tout le long du parcours.

Je prends mon dernier chouchou, le bleu. Je remercie les bénévoles. Ce dernier chouchou à un goût de ligne d’arrivée.

-la demi-boucle : Allez, les 4 dernier km. J’essayais de ne pas trop penser aux enfants, tous autant qu’ils soient, car l’émotion devenait trop forte et ma respiration se raccourcissait. Comme c’est la fin, je m’y autorise. Je repense à cette année au club des nageurs. C’est dingue à quel point les membres du comité, nous nous sommes nourrit des émotions des enfants. Je ne pensais pas que cette émotion allait seulement nourrir notre enfant intérieur qui s’était éteint. Pourtant, il a tellement à exprimer. C’est lui qui nous donne envie de rire et de jouer. C’est donc lui qui anime notre vie. Si de part n’importe quelques petites actions que ce soit, on peut réveiller cette flamme en nous, il faut le faire. Juste pour se sentir vivant.

Je cours. Je suis bien. Le soleil se couche doucement. Je ne sais pas quelle heure il est. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis sur l’épreuve. Mais ce n’est pas grave, je cours et c’est bon.

J’arrive dans le dernier couloir, j’entends au loin mes filles qui m’appellent. Je sens cette émotion dans leur voix. (D’ailleurs j’ai trouvé une vidéo dans mon téléphone, c’est ce moment-là. J’en pleure.) Je rentre dans le couloir d’arrivée, je tape dans les mains des personnes qui encouragent.

Je fais un cœur avec mes mains. Il est en dédicace pour toutes ces personnes qui m’ont suivies dans cette aventure. Toutes les personnes qui ont participé à ma cagnotte pour l’association « Save the Children »

Je franchis la ligne en 13h et 12 min !!!! soit 2h41 de moins qu’à Nice.

Je suis à nouveau une IRONMAN !!! (je rappelle juste que Ironwoman n’existe pas comme statutet que certains ont mal fini l’année dernière en m’appelant comme ça).

Je récupère ma médaille. Elle est belle avec un cygne dessus. Et mon nouveau t-shirt préféré, il est blanc.

Je suis heureuse. Tellement heureuse de voir à quel point même avec un petit soucis technique mon épreuve s’est bien passée. Mise à part les 30 derniers km en vélo, je ne me suis pas sentie dans le dur. Mes entrainements et ma tête paient.

Il faut croire que je suis à l’aise sur cette distance.

J’ai juste une chose à vous partager : Jouez et réveillez avec votre enfant intérieur. Il réveillera votre joie de vivre et vous fera rire.

Au revoir Copenhague.

 

 

Merci, merci, merci à Jean-lou Paiani. J’ai fait de beaux progrès en vélo cette saison. Je ne suis pas écœurée par la charge des entrainements, je suis prête à remonter sur mon vélo aujourd’hui. Ta technique et ta patience (surtout ta patience) m’ont donné des ailes. Cette médaille t’appartient. On peut faire une garde alternée si tu veux.

Merci Sébastien Gelé. Encore une fois, il a juste. La technique est son point fort. Oui c’est bon, je peux le dire maintenant, j’aime la natation.

Merci Céline, Jacques et Loic de chez Culture vélo à Thonon. La machine de guerre est parfaite.

Merci à bastien Lagneau. Je confirme son statut de magicien. Le marathon reposait sur toi et tu l’as fait. Bravo

Merci Lore Rodet pour les séances d’hypnose. La séance sur la concentration n’était pas gagnée mais ça l’a fait. Merci à toi

Merci à Gérald Greco, acupuncteur. Pas évident de passer le contrôle technique avec la charge d’entrainement. La petite aiguille permanente à bien tenu, je n’ai pas eu mal à l’épaule en natation.

Merci à ma petite maman qui était là avec mes filles et qui ont fait les meilleurs supporters du monde.

Merci à ma petite Cécile et son patron Stéphane Thévenet qui m’ont suivi en micro nutrition comme d’habitude. (Pharmacie de Bonnatrait).

Merci à Carmen, mon ange gardiien et mon guide.

Merci aux filles du boulot. Lucie, Danielle et Emeline. Sans cette équipe de choc, je ne pourrais pas assurer.

Merci à mes amis qui se sont relayées pour que les entrainements et les sorties vélo soient moins monotones.

Merci à toutes les personnes qui m’ont soutenu dans cette superbe aventure.

Merci du fond du cœur à toutes les personnes qui ont participé à ma cagnotte !!!

 

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